Ce spectacle du Théâtre du Soleil a été crée en 1976 après une année et demi de répétitions et de recherches improvisatoires. Ariane m’avait demandé un espace utopique, un espace sans référence en quelque sorte. Il était de formes arrondies, baigné d’une lumière cuivrée grâce à la présence d’un plafond de couleur ambrée et composé de quatre cirques que les acteurs et spectateurs occupaient alternativement au long de la représentation.
A l’image de la maquette qui avait été réalisée en sculptant un tas de sable, la mise en œuvre de l’espace a été faite avec deux bulldozers (le second était manœuvré par Antonio Ferreira) qui m’ont permis, après un apprentissage à la conduite, de reproduire à la bonne échelle les gestes de la main.
Ce travail a été titanesque. Il a fallu à deux, remuer la contenance de 700 camions de terre qui provenait, pour l’anecdote, des déblais des fondations du Centre Pompidou en construction.